Troubles de l’attachement chez l’adulte
Comprendre ce qui se rejoue, retrouver de la sécurité, apprendre une autre manière d’être en lien.
Il y a des personnes qui viennent en séance avec une phrase très simple, souvent prononcée avec une forme de lassitude : « Je sais… mais je n’arrive pas à changer. »
Elles ont compris leurs schémas. Elles ont lu. Elles ont réfléchi. Elles ont parfois déjà fait un travail thérapeutique. Et pourtant, au moment précis où l’enjeu relationnel apparaît, une critique, un silence, une distance, un ton, un regard, le corps réagit avant la pensée.
Le cœur s’accélère. Le ventre se serre. La gorge se ferme. Le mental s’emballe. Et la personne se retrouve à faire ce qu’elle s’était promis de ne plus faire : se justifier, se suradapter, contrôler, fuir, se couper, exploser, s’effondrer… puis culpabiliser.
Quand on parle des troubles de l’attachement chez l’adulte, c’est souvent cela qu’on décrit : non pas un manque de volonté, ni un “caractère difficile”, mais un système interne qui s’active comme s’il était en danger, même lorsque, objectivement, le danger n’est plus là.
Repères cliniques, vous vous reconnaissez peut-être si…
• Vous comprenez intellectuellement vos schémas, mais ils se déclenchent malgré vous.
• Vous vivez une forte ambivalence : besoin de lien et peur du lien.
• Vous vous sentez souvent “trop” ou “pas assez” dans vos relations.
• Vous vous épuisez à anticiper, gérer, contenir, réparer.
• Après coup, vous ressentez honte, culpabilité ou découragement.
Cette page a deux intentions claires :
- Vous aider à comprendre, en profondeur, ce que recouvrent les insécurités d’attachement à l’âge adulte.
- Vous présenter Mon chemin de résilience, un cadre de travail thérapeutique progressif, conçu pour les personnes dont la sécurité intérieure n’a pas été suffisamment installée, et qui vivent le lien comme un terrain instable.
Important :
Ce texte est informatif. Il ne permet pas d’établir un diagnostic et ne remplace pas une consultation.
Si ce que vous lisez résonne fortement, un professionnel pourra vous aider à clarifier votre situation et à avancer à votre rythme.
1) L’attachement n’est pas une théorie abstraite : c’est votre système de sécurité dans le lien.
L’attachement n’est pas d’abord une histoire d’amour, c’est une histoire de sécurité.
Très tôt, l’être humain apprend :
- à qui puis-je me fier ?
- quand j’ai peur, est-ce que quelqu’un vient ?
- si je pleure, suis-je accueilli, ignoré, puni, ridiculisé ?
- si je suis “trop”, est-ce qu’on s’éloigne ?
- si je suis “pas assez”, est-ce qu’on m’oublie ?
Ce que le cerveau d’un enfant encode n’est pas une théorie sur ses parents ; il encode une carte de survie relationnelle : « Comment dois-je être pour garder le lien ? » Et cette carte devient un automatisme.
Quand l’environnement est globalement cohérent, pas parfait, mais suffisamment stable, l’enfant peut éprouver une sécurité de base : ses émotions ont une place, l’adulte est un repère, le lien se répare après un conflit.
Quand l’environnement est instable, froid, intrusif, imprévisible, humiliant, violent, ou simplement émotionnellement absent, l’enfant ne peut pas “ne pas s’attacher”. Il s’attache quand même, et il s’adapte.
C’est là que naissent les stratégies d’attachement insécure :
À l’âge adulte, ces stratégies peuvent sembler irrationnelles.
En réalité, elles ont été rationnelles à une époque : elles ont permis de tenir, de survivre, de préserver un lien vital. Le problème, c’est qu’elles continuent à s’activer dans des relations où elles ne sont plus adaptées.
- Suradapter pour ne pas perdre l’autre
- Se couper pour ne plus sentir
- Contrôler pour éviter la surprise
anticiper pour ne pas être pris au dépourvu - Plaire pour être toléré
- Se rendre indispensable pour rester “aimable”
2) Ce que vit la personne de l’intérieur : ambivalence, honte, épuisement.
Les troubles de l’attachement ne se résument pas à “peur de l’abandon” ou “peur de l’engagement”.
Dans la clinique, ce que j’observe, c’est une ambivalence douloureuse :
- Désir profond de lien, de confiance, d’intimité…
- Et simultanément peur du lien, peur d’être vu, dépendant, rejeté, humilié, abandonné.
Ce que disent souvent les personnes en séance…
« J’ai besoin de l’autre, mais quand il se rapproche, je panique. »
« Je m’accroche, puis je me déteste de m’accrocher. »
« Je me ferme pour me protéger, mais je me sens seule. »
« Je sais d’où ça vient… mais ça se déclenche tout seul. »
La honte est très fréquente. La culpabilité aussi.
Et surtout, un épuisement relationnel profond, lié au fait d’être en alerte permanente.
3) Attachement et système nerveux : quand le lien active le mode survie.
Sur le plan neuro-émotionnel,
L’attachement insécure correspond souvent à un système nerveux resté hypervigilant. Le cerveau scanne en permanence les signaux relationnels : Un silence, un délai, un changement de ton, un regard.
Dès qu’un signal est perçu comme ambigu, l’organisme bascule dans une réponse de survie :
- Combat : colère, reproches, attaques, montée en intensité, besoin d’avoir raison
- Fuite : retrait, rupture, ghosting, évitement, fuite émotionnelle ou sexuelle
- Figement : paralysie, confusion, incapacité à parler, sidération en conflit
- Soumission : suradaptation, oui automatique, effacement, “je fais tout pour que ça se passe bien”
Ces réactions ne sont pas des choix conscients. Elles sont conditionnées.
4) Les styles d’attachement : des repères, pas des étiquettes.
Les styles d’attachement sont des modèles de fonctionnement, pas des diagnostics figés.
Attachement sécure :
La personne peut être proche sans se perdre. Elle peut être autonome sans se couper. Elle tolère mieux l’incertitude, accepte que le lien ait des tensions, sait réparer. La sécurité est suffisamment internalisée.
Attachement anxieux (ou ambivalent) :
Le lien est vécu comme précieux mais fragile. La personne peut :
- Rechercher la proximité intensément,
- Craindre d’être “de trop”,
- Interpréter le moindre signe comme un risque de perte,
- Vivre la distance comme une menace.
Souvent, ce n’est pas “dramatique” par choix : c’est un système nerveux qui associe distance = danger.
Attachement évitant :
La proximité réveille un danger inverse : être dépendant, être envahi, être humilié, perdre sa liberté interne.
La personne a appris que montrer ses besoins ou ses émotions coûtait cher. Elle se protège par la maîtrise, l’autonomie, la distance, parfois un “faux self”. À l’intérieur, il peut y avoir solitude, tristesse, irritabilité — mais peu accessible.
Attachement désorganisé :
C’est le style le plus douloureux, car le lien est à la fois recherché et menaçant. La personne peut osciller entre fusion et rejet, proximité et fuite, demande et rupture.
On retrouve souvent des histoires où la figure d’attachement a été simultanément source de besoin et de peur (traumatismes, violence, imprévisibilité, confusion).
Le système interne ne sait pas quelle stratégie est “sûre” : il alterne.
Une même personne peut se reconnaître dans plusieurs aspects selon les contextes.
5) Les conséquences : pourquoi ça touche l’estime de soi, le couple, la parentalité, le travail.
Les troubles de l’attachement ne restent pas « dans la relation », ils diffusent.
- Estime de soi : sentiment de ne jamais être assez, besoin de prouver, auto-critique sévère.
- Couple : cycles répétitifs (fusion → peur → conflit → distance → panique).
- Sexualité : contrôle, évitement, dissociation, peur d’être utilisé, ou besoin de validation.
- Travail : hyperresponsabilité, peur de l’erreur, perfectionnisme, suradaptation aux figures d’autorité.
- Corps : anxiété, troubles du sommeil, tensions, fatigue chronique, somatisations.
Avec, en toile de fond, une fatigue profonde : celle de devoir constamment se protéger du lien.
Mon chemin de résilience
Un cadre thérapeutique progressif pour les attachements insécures
Lorsque l’attachement est insécure, la personne ne vient pas seulement chercher des “outils”. Elle vient chercher, parfois pour la première fois, une expérience relationnelle structurante : un cadre stable, cohérent, prévisible, où les émotions ont une place, où l’on n’est pas jugé, où l’on peut avancer sans être brusqué.
C’est précisément ce que vise Mon chemin de résilience : un accompagnement pensé pour restaurer de la sécurité intérieure et transformer les automatismes relationnels.
Pour qui ?
Ce programme s’adresse aux personnes qui vivent notamment :
- Dépendance affective, peur de l’abandon, besoin de contrôle.
- Evitement relationnel, difficulté à s’engager, difficulté à recevoir.
- Attachement désorganisé, oscillations, réactions “trop fortes”.
- Honte, culpabilité, épuisement relationnel.
- Impression de répéter malgré les prises de conscience.
Pourquoi la progressivité est essentielle ?
Un système nerveux en hypervigilance ne se réorganise pas par la volonté.
Il se réorganise par la sécurité répétée.
Étape 1 - Stabiliser : créer un socle de sécurité interne.
Sortir progressivement du mode survie, installer des repères corporels et émotionnels.
La personne apprend à repérer :
- Ses signaux d’alerte (ventre, gorge, poitrine, accélération).
- Ses pensées automatiques (“je vais être rejeté”, “je suis trop”, “je ne suis pas assez”).
- Ses réactions défensives.
On installe des repères : respiration, ancrage, lieu ressource, auto-soutien…
Étape 2 - Réguler : ne plus être gouverné par l’émotion.
Apprendre à ressentir sans être gouverné par l’émotiom, poser des limites, différencier.
On travaille :
- La tolérance à la frustration relationnelle.
- La capacité à poser des limites sans culpabilité.
- La différenciation : ce qui appartient à l’autre / ce qui m’appartient.
- La sortie de la honte et de l’auto-attaque.
Étape 3- Transformer : retraitement et reconstruction (si indiqué).
Quand la sécurité est suffisante, on peut travailler plus en profondeur sur :
- Les croyances d’attachement (“je ne suis pas aimable”, “je vais être abandonné”, “je dois mériter”).
- Les charges émotionnelles qui se réactivent dans le présent.
- Les scénarios relationnels répétitifs.
Approches utilisées (de manière intégrative)
Conversation hypnotique :
Un travail de transformation par le langage, l’attention, l’imaginaire, dans un cadre relationnel sécurisant.
Utile pour installer des repères internes, recadrer, renforcer l’auto-soutien.
Travail de libération et d’intégration émotionnelle :
Quand l’émotion est retenue depuis longtemps, il est parfois nécessaire de la laisser circuler, se dire, se symboliser — sans déborder.
L’objectif n’est pas “d’exploser”, mais de restaurer une circulation émotionnelle plus saine, et de sortir de l’accumulation qui rend hypersensible.
Hypnose ericksonienne :
Approche douce et personnalisée pour mobiliser les ressources internes, renforcer la sécurité, et transformer certains automatismes.
RITMO (Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires) :
Quand une scène actuelle réactive une blessure ancienne, le RITMO permet de :
- Désensibiliser une charge émotionnelle.
- Transformer une croyance limitante.
- Intégrer une réponse plus apaisée.
Toujours de façon progressive, après stabilisation. Une futurisation peut aussi être utilisée pour préparer des situations relationnelles à venir.
PNL :
Outils concrets pour repérer les schémas, développer des alternatives, renforcer l’autonomie émotionnelle et l’affirmation de soi.
Entre les séances :
intégrer, consolider, devenir plus autonome.
Un attachement insécure ne se transforme pas uniquement “pendant l’heure de séance”. Le cerveau a besoin de répétition et d’intégration. Des exercices simples peuvent être proposés : ancrage, respiration, écriture émotionnelle, visualisation, tapping discret.
L’idée n’est pas de “travailler sans arrêt”, mais de soutenir le système interne de manière réaliste et faisable.
Mon positionnement thérapeutique
J’accompagne des adultes confrontés à des insécurités d’attachement, des traumatismes développementaux et des schémas relationnels répétitifs qui influencent en profondeur leur vie émotionnelle, affective et relationnelle.
Mon travail s’inscrit dans une démarche progressive, intégrative et profondément respectueuse du rythme de chaque personne. Je n’interviens ni dans l’urgence, ni dans une logique de performance thérapeutique. L’exploration n’est jamais forcée lorsque la sécurité intérieure n’est pas suffisamment établie. La stabilisation émotionnelle et la régulation du système nerveux constituent toujours le socle du travail thérapeutique.
Je ne cherche pas à « corriger » la personne ni à effacer des parts d’elle-même, mais à l’accompagner dans la restauration d’une sécurité intérieure suffisamment solide pour que le changement puisse émerger de manière durable, ajustée et respectueuse de son histoire.
Le processus vise à permettre une transformation qui s’ancre dans le corps, les émotions et la relation, plutôt qu’un simple changement intellectuel ou comportemental.
Modalités :
Consultations en cabinet (France / Suisse) ou en ligne.
Le rythme est ajusté en fonction de la stabilité et des besoins.
CONCLUSION
être en lien sans se perdre
Les troubles d’attachement ne sont pas une faiblesse.
Ce sont des stratégies anciennes, parfois très intelligentes, mises en place pour survivre émotionnellement dans un environnement où la sécurité n’était pas suffisamment garantie.
Avec un accompagnement structuré, il devient possible de :
- Se sentir plus en sécurité dans son propre corps.
- Sortir des automatismes relationnels.
- Se relier aux autres sans s’effondrer ni se couper.
- Et construire une estime de soi plus stable.
Le chemin est progressif. Il demande du temps. Mais il est possible.
Si vous souhaitez clarifier votre situation et voir si cet accompagnement vous correspond, vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange.
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